Le biométhane, c’est quoi ? Comment le produire ? Votre fournisseur d’énergie ekWateur vous répond

Le biométhane, c’est quoi ? Quelle différence avec le méthane, le gaz naturel de ville, le gaz de pétrole liquéfié, ou encore le biogaz ? Comment le produit-on ? Et quels sont ses avantages ? Si vous vous sentez perdus dans toutes ces appellations étranges et ces questions compliquées, c’est normal : le monde du gaz est assez technique et ce n’est pas grave, car c’est notre métier ! On vous explique donc ci-dessous ce qu’est le biométhane et pourquoi, en tant que fournisseur d’électricité et de gaz, nous avons choisi de vous en proposer.

Qu’est-ce que le biométhane et quelle est la différence avec le biogaz, le gaz naturel ou le GPL ?

Le biométhane est un mélange gazeux d’origine renouvelable, quasi exclusivement composé de méthane, que l’on utilise comme une source d’énergie notamment pour produire de la chaleur. C’est exactement le même principe que le gaz que l’on utilise chez soi dans une chaudière au gaz : on le fait brûler dans sa chaudière et il permet de chauffer de l’eau qui circule ensuite dans nos canalisations ou nos chauffages.

Bon, jusque-là, tout va bien. Mais alors qu’est-ce qu’il a de si spécial ce gaz ?

Avant tout, il faut savoir qu’en France, les gaz représentent environ 20 à 22 % de la consommation énergétique. Il est utilisé surtout pour le chauffage dans les bâtiments, mais aussi pour produire de l’électricité dans des centrales à gaz (les centrales à cycle combiné) et parfois comme carburant pour les véhicules. Pour tous ces usages, il existe principalement deux types de gaz.

D’abord, les gaz d’origine fossile. Il s’agit principalement :

  • Du « gaz naturel » : Il s’agit de gaz que l’on trouve sous terre, enfermés dans des roches et que l’on extrait par forage avant de passer par des raffineries. Eh oui, en dépit de ce que son nom peut laisser penser, le « gaz naturel » est une énergie fossile ! Il se forme à partir de la sédimentation de matière organique vieille de plusieurs millions d’années. Le plus souvent, la matière organique enfouie dans le sous-sol se transforme d’abord en kérogène, sous l’effet de la pression et de la température. Lorsque la température augmente (entre 50 et 120°C), le kérogène se décompose. Appelée pyrolyse, cette décomposition thermique expulse deux hydrocarbures : le gaz naturel et le pétrole qui constituent, dans une roche imperméable, un gisement. Entre 1,5 et 3 km de profondeur, le gaz et le pétrole sont présents dans les mêmes gisements. Le gaz naturel peut être de diverses natures : il est dit thermogénique lorsqu’il provient de la transformation de matière organique sous l’effet de la pression et de la chaleur et il est dit biogénique lorsqu’il est généré à partir de la fermentation de bactéries présentes dans les sédiments organiques.
  • Du « gaz de pétrole liquéfié » (ou GPL) que l’on utilise dans certains véhicules ou dans certains bâtiments qui ne sont pas reliés au réseau de gaz. C’est un ensemble de gaz que l’on obtient quand on fait le raffinage du pétrole ou du gaz naturel.
  • La gaz de ville : aujourd’hui, l’expression gaz de ville est le terme générique désignant le gaz (quelle que soit son origine) distribué dans les foyers de consommation. Historiquement c’était du gaz manufacturé, c’est-à-dire du gaz fabriqué dans des usines (oui, les fameuses « usines à gaz »). La plupart des gaz manufacturés étaient obtenus par distillation, c’est le terme qui est très largement utilisé dans les traités scientifiques du XIXème siècle. Il s’agirait en fait plutôt d’une pyrolyse suivant les définitions modernes des processus physique*. Il présentait deux inconvénients majeurs : un faible pouvoir calorifique, et une dangerosité importante : il contenait du monoxyde de carbone, gaz très toxique et inodore.

Ensuite, il y a le gaz d’origine renouvelable, que l’on produit en faisant fermenter des matières organiques :

  • Il y a le biogaz, composé de méthane, de CO2 et d’autres gaz annexes et que l’on peut utiliser pour produire de la chaleur et de l’électricité via la co-génération ou la trigénération (on vous expliquera ça une autre fois).
  • Et enfin, le biométhane, qui est un biogaz que l’on a épuré pour lui retirer son CO2 et ne garder que du méthane. Ainsi, on peut l’utiliser exactement comme du gaz naturel en l’injectant sur le même réseau. En résumé, le biométhane est un gaz d’origine 100 % renouvelable issu de la fermentation anaérobie de déchets végétaux, agricoles ou alimentaires, et que l’on peut utiliser pour l’énergie ou le chauffage.

Comment produire du biométhane : un gaz renouvelable ?

Pour produire du biométhane, c’est simple : aucun forage nécessaire. Tout part de la récupération de déchets organiques ! Pour cela, on récupère différents déchets :

  • Les déchets agricoles comme les déchets de culture végétale ou les effluents de l’élevage (fumier par exemple).
  • Les déchets alimentaires.
  • Les déchets de décharges ou les déchets industriels putrescibles.
  • Les boues des systèmes d’épuration des eaux usées.

Une fois collectés, ces déchets sont triés et mélangés (parfois broyés) afin d’obtenir une matière que l’on va ensuite faire fermenter dans des cuves appelées les « digesteurs » ou « méthaniseurs ». Durant la fermentation, du biogaz est produit et récupéré. Une fois purifié, ce biogaz devient du biométhane, composé presque totalement de méthane. Il ne reste ensuite qu’à injecter ce gaz dans le réseau de gaz normal pour l’utiliser normalement. Facile non ?

Et puis, cerise sur le gâteau, les matières organiques utilisées pour produire du biométhane peuvent ensuite être utilisées comme engrais dans les exploitations agricoles.

Quels sont les avantages du biométhane pour la planète et son impact sur la pollution ?

Le biométhane a de nombreux avantages par rapport aux gaz utilisés habituellement comme source d’énergie (le gaz naturel notamment).

D’abord, le biométhane provient de sources renouvelables. Pour produire du gaz naturel classique, il faut aller le chercher grâce à des forages dans des réserves souterraines, ou dans des minéraux spéciaux comme les schistes (avec lesquels on produit du gaz de schiste). Sauf que cela pose plusieurs problèmes : cela pollue et dégrade les paysages et les sols, et puis ces réserves ne sont pas infinies! Le biométhane en revanche, peut-être produit quasiment à l’infini et à volonté : il suffit de récupérer des déchets organiques, et nous en produisons sans cesse via l’agriculture, l’alimentation ou l’industrie. Plutôt utile si on veut développer une énergie d’avenir, pas vrai ?

Le deuxième avantage du biométhane est qu’il ne participe pas au changement climatique. Mais, me direz-vous, en brulant le méthane obtenu par ces déchets, on dégage bien du CO2 non ? Et autant que le gaz naturel puisque vous m’avez expliqué que c’est le même gaz. Oui, vous avez raison ! La différence c’est que le CO2 dégagé par le bio-méthane est du CO2 qui a été capté lors de la formation du déchet (l’année précédente typiquement). Donc, sur ce cycle court, la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’augmente pas. Sans compter qu’en se décomposant à l’air libre, ces déchets auraient de toute façon dégagé des gaz à effets de serre. Le gaz naturel, lui, en brulant, va dégager dans l’atmosphère du CO2 capté il y a des millions d’années, et ça, ça, augmente la concentration de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui.

Enfin, le troisième avantage du biométhane est qu’il participe à l’économie circulaire, à la réduction des déchets et à la réutilisation des matières premières. Plutôt que de laisser tous ces déchets organiques inutilisés, la méthanisation les rend utiles en produisant de l’énergie avec laquelle on pourrait remplacer nos gaz fossiles. Non seulement cela réduit leurs impacts sur la planète, mais cela aide aussi certaines filières à gagner un peu d’argent en valorisant des déchets jusque-là inutiles. Et tout cela sans compter la production d’engrais que permet la production de biométhane.

Où en est le biométhane en France ?

Pour l’instant, le biométhane n’est pas encore extrêmement développé en France : c’est une filière nouvelle et innovante qui n’est lancée que depuis 2011. Selon GRDF, qui gère la majorité de la distribution du gaz en France, il existerait environ 70 sites qui injectent du biométhane dans les réseaux de gaz français, pour une production d’à peine 1 TWh (soit moins de 0,2 % de la consommation de gaz française).

Mais attention, le biométhane constitue une filière d’avenir. La Loi de Transition Énergétique a même fixé comme objectif d’atteindre 10 % de biométhane sur le réseau de gaz français d’ici 2030. Et c’est assez bien parti puisque depuis 2015, la production française de biométhane a été multipliée par 5.

Enfin, pourquoi ekWateur est fournisseur de biométhane 100 % français ?

C’est pour toutes ces raisons qu’ekWateur, en tant que fournisseur de gaz et d’électricité, a décidé de faire partie des pionniers à proposer du biométhane. Eh oui, vous le savez, nous pensons que la transition énergétique est indispensable pour mieux protéger notre planète. Et comme nous défendons les énergies renouvelables et la production décentralisée, il était naturel que nous proposions aussi du gaz renouvelable.

Et puis, comme pour l’électricité, nous avons décidé de proposer du gaz renouvelable issu de producteurs exclusivement français. Comme ça, non seulement vous avez la garantie de consommer du gaz 100 % renouvelable, mais en plus, vous savez d’où il vient.

*Dans l’acceptation moderne, la pyrolyse est la décomposition d’un composé organique par la chaleur pour obtenir d’autres produits (gaz et matière) qu’il ne contenait pas, alors que la distillation est un procédé de séparation des constituants d’un mélange homogène dont les températures d’ébullition sont différentes.

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